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A la mémoire des fusillés de BANVILLARS

 

Rappel historique par le colonel (H) BAILLY René, Délégué Général du Souvenir Français pour le Territoire de Belfort lors de la cérémonie du diamnche 07 octobre 2007

 


Il y a 63 ans, le 10 octobre 1944, une tragédie s’est déroulée en ce lieu : vingt sept résistants furent fusillés par les nazis.

Ces résistants faisaient partie pour la plupart des 3 compagnies de combat des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) du Groupement Territoire de Belfort qui avaient reçu pour mission, début septembre 1944, de harceler les troupes allemandes en retraite dans le massif sous-vosgien, ainsi que dans le secteur d’ÉTOBON, afin de créer une zone d’insécurité pour l’ennemi et faciliter ainsi la libération de notre région.


Pour comprendre les circonstances de ce massacre de résistants, ainsi que de plusieurs autres dans le Territoire de Belfort et en Haute-Saône,  de septembre à novembre 1944, il faut rappeler le contexte historique des trois mois qui ont précédé la libération de notre région.

Le 15 août 1944, les armées alliées débarquent sur les côtes de Provence et très rapidement remontent les vallées du Rhône et de la Saône, ne rencontrant que peu de résistance dans leur progression. Trois semaines après, le 6 septembre, la Première Armée Française est à Baume-les-Dames à 60 km de Belfort. C’est ce jour qui est choisi pour mobiliser les FFI du Groupement Territoire de Belfort.

Mais les alliés, qui n’avaient pas prévu une logistique adaptée à une avancée aussi rapide durent stopper leur offensive pendant près de 2 mois devant la trouée de Belfort. Les munitions, le carburant, le ravitaillement qui étaient transportés en camions depuis la côte méditerranéenne n’arrivaient plus à suivre. L’offensive ne repris qu’à la mi-novembre et Belfort ne fut libérée que le 21 novembre 1944. Ce contretemps va permettre le retour en force des Allemands, les exactions de la milice, de nombreuses dénonciations, l’attaque les maquis avec des moyens puissants, de multiples rafles, des arrestations très nombreuses suivies de l’exécution de nombreux résistants, comme ici à Banvillars, mais aussi à Offemont, à Chaux, à Sévenans dans le Territoire de Belfort et  à Etobon  en Haute-Saône.


Pour éviter leur encerclement et leur destruction, les maquisards vont devoir quitter les sommets de la Planche des Belles Filles dans la nuit du 17 au 18 septembre 1944 puis se disperser le 27 septembre 1944. Un grand nombre d’entre eux essaieront de rejoindre les lignes alliées toutes proches ou de franchir la frontière franco-suisse. Cinq passages de lignes réussiront entre le 1er octobre et le 1er novembre et ce sont quelques 120 FFI qui rejoindront la 1ère Armée Française où ils seront incorporés au commando « Belfort », constitué au sein de la Brigade Alsace-Lorraine commandée par André MALRAUX. Mais sur les 654 combattants FFI du Groupement Territoire de Belfort, 117 sont morts pour la France, tués au combat, fusillés, morts en déportation ou disparus.


Un passage de ligne ne réussira pas. Alors qu’ils n’étaient plus qu’à quelques heurs de marche des lignes alliées, les FFI du commando du capitaine PERRIAUX, fort d’une trentaine d’hommes, tomberont dans une embuscade tendue par les Allemands le 2 octobre 1944 au bois de GRANGES, au nord de SAULNOT en Haute-Saône.


Emprisonnés à la caserne Friedrich à Belfort ils furent condamnés à mort comme terroristes et fusillés ici, au matin du 10 octobre 1944. Il y eu un rescapé du groupe des 28 condamnés amenés en ce lieu, le chanoine PIERRE, curé-doyen de GIROMAGNY, qui était capitaine de réserve et qui au moment d’être fusillé, dit qu’en tant qu’officier français, il voulait mourir de face et non fusillé dans le dos. Cette attitude courageuse lui valu d’être retiré du groupe des fusillés, d’être ramené à la caserne Friedrich et de partir pour le camp de concentration de DACHAU, où il survécu et pu un jour de mai 1945 déclarer : « J’étais à Banvillars. J’ai assisté à l’affreuse tragédie ».


Quinze de ces martyrs étaient originaire de notre département : de Belfort, Lachapelle-sous-Chaux, Giromagney, Valdoie et Sermamagny. Neuf autres demeuraient en Haute-Saône, à Etobon, Champagney, Plancher-Bas et Ronchamp. Il y avait aussi un tirailleur sénégalais et un soldat nord-africain. Parmi les fusillés :

    * les 4 gendarmes composant la brigade de gendarmerie de CHAMPAGNEY,
    * les 3 DUGOIS de Belfort, le père lieutenant et ses 2 fils dont l’un blessé sera fusillé sur son brancard,
    * les 2 GRANDVOINET de LACHAPELLE-SOUS-CHAUX, le père et le plus jeune de ses fils,
    * les 2 MARIETTA de VALDOIE,
    * les 2 NARDIN d’ETOBON,
    * le capitaine PERRIAUX de Belfort, officier d’active, commandant la deuxième compagnie des FFI.


Ces 27 résistants,  ont fait le sacrifice de leur vie pour que notre pays retrouve sa liberté, son honneur et la paix. Ils ont réussi dans leur tâche et ils ont bien mérité de la Patrie. Leur souvenir doit rester vivant et il est de notre devoir de conserver leur mémoire et de la transmettre aux nouvelles générations. Pour la jeunesse, leur sacrifice doit rester un exemple, une leçon d’amour, de courage et de générosité. Ne les oublions pas !

 

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