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La Construction de l'école 1883-1887
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| A la fin du 19° siècle, au moment où Jules Ferry fait voter les lois sur l’école publique, gratuite, laïque et obligatoire, Banvillars possède depuis une cinquantaine d’années déjà une école et un instituteur dont la commune assure la rémunération. Le modeste bâtiment est situé presque au milieu de l’actuelle place de l’Eglise | ||
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Dès 1882 ce local est considéré comme trop exigu « le nombre des enfants en âge de fréquenter l’école devant s’accroître en considération du nouveau règlement scolaire ». On semble hésiter d’abord entre réparations /agrandissement ou l’édification d’un bâtiment nouveau. Puis en Mars 1883 le choix est fait puisque le conseil municipal a « sous les yeux » le projet de l’architecte, Mr Cordier de Belfort, et un devis de 25.386 francs . (le franc or de l’époque valait à peu près dix euros actuels) |
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| Vu les réserves financières dont il dispose, il sollicite de Mr le Préfet un « secours » de 13 000 francs. Cette demande est à l’ordre du jour du Conseil Général en avril 1883. Le rapporteur, Mr Fréry, s’exprime en ces termes : « La commune de Banvillars possède actuellement le plus mauvais de nos bâtiments scolaires. Il est situé sur le voie publique, dépourvu de cour, de jardin. Les lieux d’aisances sont situés à deux pas de la porte d’entrée ; toutes les odeurs nauséabondes pénètrent dans ce bâtiment sans qu’il soit possible d’y porter un remède salutaire. A ce défaut d’hygiène générale se joint un défaut d’hygiène spécial. Le maître ne trouve pas chez lui l’espace suffisant : deux pièces seulement lui sont destinées. La salle de classe très restreinte sert en même temps de salle de mairie. |
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| La population enfantine est de 30 élèves, on ne peut les laisser plus longtemps dans un bâtiment si mal compris et si dépourvu de toutes les conditions d’hygiène |
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| Le conseil municipal se propose de faire au centre du village et sur un terrain neuf une nouvelle école ; le plan en a été dressé par Mr Cordier, architecte, qui évalue la dépense à 25.386 frs. La commune affecte à cette construction une somme de 12.172 frs Elle sollicite un secours de l’Etat de 13.000francs.Je vous prierai de bien vouloir la recommander à la bienveillance de Mr le Ministre de l’Instruction Publique… » La subvention sera effectivement notifiée en avril 1884. | ||
| La municipalité de Banvillars est optimiste : en Mai 1884 elle pense que les travaux vont démarrer immédiatement pour que le bâtiment soit couvert avant l’hiver et que « les ouvriers puissent l’achever avant la fête de Pâques 1885 » . Mais un litige surgit avec l’administration à propos de l’emplacement. Le conseil municipal voudrait construire à proximité de l’ancienne maison d’école ; le ministère n’est pas d’accord. on semble hésiter entre plusieurs solutions : un terrain appartenant à Guenot , ou un autre à acheter à Morel…Le ministère menace même de supprimer la subvention de 13 000 frs ! |
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| La situation ne se débloquera qu’en Mai 1885. On lit en effet dans le compte-rendu de séance du conseil municipal : « Le maire expose au conseil que par la suite du décès du sieur Mouilleseaux Jean-Claude de Simon Joseph, sa propriété, située au centre du village, d’une contenance d’environ 18 ares, est en vente, que cet emplacement avait été primitivement demandé par Mr l’Inspecteur des Ecoles, mais le propriétaire défunt n’avait pas voulu s’en défaire à aucun prix, que cet emplacement réunit tous les avantages désirables pour l’installation d’une nouvelle maison d’école : le nouveau bâtiment aurait en façade une très grande cour de récréation, un terrain très spacieux pour verger et jardin. Mr le maire soumet au conseil le compromis d’acquisition. Le conseil , après avoir entendu les propositions du maire est unanimement d’avis qu’il convient de donner suite à cette acquisition et prie Mr le Préfet de vouloir bien l’autoriser à demander à Mr le Ministre la modification de l’emplacement, lequel est reconnu plus convenable que tous ceux présentés jusqu’alors. » |
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| La commune fera donc cette acquisition pour la somme de 3.500 frs et paiera en outre quelques mois d’intérêts, puisque l’acte notarié ne sera signé que le 3 Août 1885. La Préfecture donne son accord, sous la réserve que cette modification ne donnera en aucun cas lieu à une demande de subsides supplémentaires… Les travaux peuvent enfin démarrer. Ils sont attribués par adjudication le 15 Mai 1885 à l’entreprise Célestin Bouillard de Danjoutin, qui a consenti un rabais de 12%. Le projet est ambitieux, le bâtiment impressionnant pour l’époque. Les calques de l’architecte prouvent que les plans initiaux ont été rigoureusement respectés. La maison d’école actuelle est absolument conforme, sur ses quatre niveaux au projet initial, comme on pourra le constater ci-après |
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| Le chantier avance rapidement : en Février 1886 il reste à réaliser la construction d’une grille et l’installation du mobilier. Des travaux supplémentaires ont fait que, malgré le rabais, le coût final dépassera les prévisions : 30.085 francs Le 16 octobre 1886 l’architecte préconise de procéder à la réception provisoire et à la prise de possession. Les élèves peuvent donc effectuer leur première rentrée dans le neuf. La réception définitive et le règlement du solde des factures aura lieu un an après, le 18 octobre 1887. Entre temps les expropriations de forêts communales à des fins militaires avaient commencé et les indemnités perçues avaient donné de nouvelles possibilités à la municipalité. Les travaux avaient été exécutés sérieusement puisque seules quelques retouches mineures ont été exigées après la réception provisoire. |
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| Ainsi prenait fin un épisode important dans l’histoire de la commune. Cent vingt années après, nous continuons de bénéficier des investissements et des efforts consentis à une époque où le niveau de vie était loin de celui que nous connaissons à présent. Un grand coup de chapeau donc aux conseillers municipaux et au maire du moment ! De plus on est frappé par cette volonté énergique et obstinée de doter le village d’un lieu d’éducation de qualité, alors que souvent on dénonce les réticences des campagnes vis à vis de l’obligation scolaire. Ce n’était apparemment pas le cas du tout à Banvillars. |
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| Enfin l’ampleur du projet, le volume du bâtiment nous étonnent encore : c’est un symbole sans doute, celui d’une certaine fierté de remplir au mieux les responsabilités que la jeune III° République confiait aux communes. | ||
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