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Cérémonie des Fusillés du 11 OCTOBRE 2009

Discours de François Busser (Maire de Banvillars)

 

"Mr le Préfet, Mr le Député,Mr le Sénateur, Mr le Président du Conseil Général, Mr le Conseiller général , (Mr le Secrétaire général), Mr le Commandant du Groupement de gendarmerie, Mesdames Messieurs les maires et les élus, Mesdames, Messieurs.

Je voudrais exprimer au nom de mes concitoyens la part que prend notre village à cette journée de deuil et de recueillement, où nous sommes rassemblés pour garder intact, soixante cinq ans après, le souvenir d’un sacrifice et d’un crime. Ce devoir de mémoire s’inscrit dans l’histoire de notre village.

En effet la population de Banvillars n’oublie pas et se transmet de génération en génération ce qu’ont vécu nos parents et grands parents, au moment où le délire nazi commettait ses ultimes forfaits.

 

On me l’a dit et donc je le redis : confrontés à l’arbitraire, aux vexations, aux exactions de la police, de la milice et d’une armée allemande aux abois, les villageois subissaient et espéraient : parce qu’à Banvillars, malgré les interdictions on entendait la Radio Suisse Romande et l’on savait la Libération proche. Cependant personne ne pouvait imaginer ici le massacre honteux et furtif, au coin d’un bois, de prisonniers sans défense : sauvagerie gratuite perpétrée avec la collaboration de français dévoyés. Sur le moment le dégoût a succédé à l’incrédulité ; mais à présent nous pouvons mieux cerner la signification de ce 10 Octobre 1944.

Les 27 martyrs que nous honorons en ce jour sont allés jusqu’au bout de leur engagement pour la liberté de notre pays, pour notre liberté. Ils avançaient vers un idéal de société juste et fraternelle. Leurs assassins au contraire agissaient pour perpétuer l’asservissement, la domination , la haine.

 

Nous sommes donc réunis devant ce « Monument des Fusillés » comme devant une page d’histoire de l’Occupation, de la Résistance et de la Libération. Il nous rappelle que la République, abolie par les arrivistes de la collaboration, a été reconstruite par le sacrifice d’humbles patriotes, dont certains sont même restés définitivement anonymes.

Mais comme le dit le mot lui-même, un « monument » c’est aussi un avertissement, une exhortation. Les pierres érigées en cet endroit rappellent donc les aberrations et la cruauté, mais aussi la générosité et l’héroïsme dont les hommes sont capables. Elles soulignent le prix qu’a coûté le rétablissement de la liberté et de la dignité. Elles redisent enfin que la démocratie et les valeurs humanistes sont toujours à préserver et à construire sans relâche.

 

Ainsi l’histoire éclaire et donne un sens à notre citoyenneté d’aujourd’hui."                                                          

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