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Cérémonie des Fusillés du 10 OCTOBRE 2011

Discours de François Busser (Maire de Banvillars)

 

 

 

Monsieur le Préfet, Monsieur le député, Monsieur le Président du Conseil général, Monsieur le Conseiller Général, Mrs les représentants de la Gendarmerie, de l’Armée et des Corps Constitués, Mesdames, Messieurs les élus, Mesdames, Messieurs.


 

Je voudrais exprimer une fois de plus l’émotion des habitants de Banvillars chaque fois que nous honorons la mémoire de ceux qui ont été assassinés en ce lieu. Les années passent, l’émotion perdure. Sans doute nous est-il difficile d’imaginer comment nos parents et grands parents ont vécu ce sinistre automne 44. Après quatre années d’humiliations, l’asservissement et la répression atteignaient leur paroxysme. Le système nazi et ses collaborateurs aux abois prétendaient se maintenir par la terreur et multipliaient les arrestations, les déportations, les exécutions sommaires. Chacun, au village, savait et espérait la proximité de ce qu’on appelait déjà « La Libération », mais il fallait survivre au quotidien et subir…


 

Les assassinats commis furtivement ici ne furent donc connus que peu à peu, dans toute leur horreur. C’était un épisode de plus dans le chaos meurtrier d’octobre 1944 et le long martyrologue de l’époque, soit. Mais la commune de Banvillars s’est immédiatement sentie concernée au premier chef, elle a adopté comme siens les 27 jeunes gens abattus et hâtivement enterrés sur son territoire. C’est pourquoi cet événement innommable est rappelé chaque année aux enfants de notre école. Et aussi, si vous entrez à la mairie de Banvillars, vous verrez, encadrés au mur de la salle de réunion, qui est aussi à l’occasion le bureau de vote, vous verrez les 27 noms des Fusillés. Vous verrez encore un document poignant : l’encadré d’un cliché pris sur ce terrain le jour de l’exhumation des cadavres.


 

Ainsi nous gardons publiquement le souvenir de la sauvagerie de la dictature fasciste, mais nous conservons aussi avec ferveur le souvenir de la dette que nous avons envers ceux qui ont payé de leur vie leur attachement à la liberté. Nous sommes profondément conscients que notre régime démocratique, à tous les niveaux, y compris au niveau communal, a été rétabli aussi grâce à leur combat et leur sacrifice, grâce à chacun d’eux.


 

Ils savaient pourquoi ils luttaient, ils sont morts en connaissance de cause. Pour nous, la meilleure façon d’honorer leur mémoire sera donc toujours l’exercice de la démocratie et de la citoyenneté responsable.


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