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Cérémonie des Fusillés du 11 OCTOBRE 2009

Discours de R. Bailly Délégué Général du Souvenir Français

 

Ici au matin du 10 Octobre 1944, il y a donc 65 ans, 27 résistants furent fusillés par les nazis, mais ce n’est que le 06 Décembre 1944, soit près de 2 mois après leur exécution, que ce charnier fut découvert. Et c’est un jour de mai 1945, qu’un miraculé de cette tragédie, à son retour du camp de concentration de Dachau, raconta toute l’horreur de ce massacre auquel il avait assisté.

 

Les résistants, fusillés en ce lieu, faisaient partie pour la plupart des 3 compagnies de combat des FFI du groupement Territoire de Belfort, FFI est l’abréviation de « Forces Françaises de l’intérieur ».

 

La mission des ces FFI, à partir 6 Septembre 1944, était de harceler les troupes allemandes qui battaient en retraite autour du massif du Ballon d’Alsace et dans le secteur d’Etobon afin de faciliter la libération de notre région par les troupes alliées, qui avaient débarqué sur les côtes de Provence le 15 Aout 1944 et qui avaient remonté très rapidement les vallées du Rhône et de la Saône en rencontrant peu de résistance dans leur progression.

 

Mais à la suite de l’arrêt de l’offensive alliée pendant 2 mois devant la trouée de Belfort, les maquisards devront quitter le Ballon d’Alsace puis recevront l’ordre de se disperser, le 26 Septembre 1944, pour éviter leur encerclement et leur destruction. ? Un grand nombre d’entre eux essayeront alors de rejoindre les lignes alliées toutes proches. Cinq passages de lignes réussiront entre le 1er Octobre el 1er Novembre 1944 et ce sont 120 FFI qui rejoindront la 1ère Armée Française. Un passage de ligne échouera. Alors qu’ils n’étaient qu’à quelques heures de marche des lignes alliées, les FFI du commando du capitaine PERRIAUX, fort d’une trentaine d’homme, tomberont dans une embuscade tendue par les allemands le 2 Octobre 1944 au bois des Granges, près de Saulnot, en Haute Saône.

 

Faits prisonniers, ils seront emprisonnés à la caserne Friedrich à Belfort et la sentence pour ces soldats sans uniforme ne se fit pas attendre, ils furent condamnés à mort comme terroristes et fusillés en ce lieu le 10 Octobre 1944.

 

Il y au un rescapé de cette tuerie le chanoine Pierre, curé-doyen de Giromagny. Au moment d’être fusillé, le chanoine, qui était capitaine de réserve, dit qu’en tant qu’officier français, il voulait mourir de face et non fusillé dans le dos. Cette attitude courageuse lui valu d’être retiré du groupe des fusillés, d’être ramené à la caserne Friedrich et de partir pour le camp de concentration de Dachau, d’où il revint en mai 1945 et pu raconter dans son horreur l’affreuse tragédie qui s’était déroulée ici le 10 octobre 1944.

 

Quinze de ces martyrs étaient originaires de notre département de Belfort, Lachapelle-sous-chaux, Giromagny et Valdoie, 9 autres demeuraient en Haute-Saône : à Etobon, Champagney, Plancher-Bas et Ronchamp. Il y avait aussi 2Marocains et 1 Sénégalais.

 

Parmi les 27 fusillés :

 

  • Les 4 gendarmes composant la brigade de gendarmerie de Champagney
  • Les 3 belfortains Dunois ; le père et 2 de ses fils dont l’un blessé sera fusillé sur son brancard
  • Les deux Grandvoinet de Lachapelle-sous-chaux, le père et le plus jeune de ses fils
  • Le capitaine Perriaux, officier d’active, commandant la 2ème compagnie des FFI

Cette tragédie s’ajoute à toutes celles que les FFI du groupement Territoire de Belfort ont subies au cours de l’automne 1944. Rappelons la précédente, quelques jours auparavant, le 27 Septembre 1944, c’était la tragédie d4Etobon. Les cosaques encerclèrent le village et fusillèrent 39 résistants.

 

Sur les 654 FFI du groupement Territoire de Belfort, 117, soit près de 20% sont morts pour la France, tués au combat, fusillés, disparus ou, morts en déportation.

 

Ces 27 résistants, comme leurs autres camarades qui dont morts pour la France, ont fait le sacrifice de leur vie pour rétablir les valeurs que la Patrie incarnait à leurs yeux : la liberté et le droit. Leur souvenir doit rester vivant parmi nous et il est de notre devoir de le transmettre aux nouvelles générations. Pour la jeunesse de France, le sacrifice suprême de ces combattants doit rester un exemple, une leçon de courage, de dévouement et d’abnégation.

 

Ayons une pensée pour les familles des victimes de ce massacre qui depuis 64 ans viennent ici chaque année se recueillir sur les lieux de la tragédie. Leur peine immense, malgré le temps, ne pourra jamais s’éteindre pour leur apporter l’oubli.

 

Les derniers survivants des FFI du groupement Territoire de Belfort ne sont plus maintenait qu’une poignée d’hommes et de femmes encore valides à pouvoir participer à cette cérémonie. Ils n’ont qu’un souhait que le souvenir de leurs actions et du sacrifice de leurs camarades demeure toujours vivant.

 

Par notre présence ici, chaque année, le dimanche le plus proche du 10 octobre, nous témoignons que la flamme de la mémoire de ces 27 martyrs, morts pour la France, et de la Résistance des Forces Françaises de l’Intérieur du Groupement Territoire de Belfort ne s’éteindra pas.

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