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Banvillars, ses lieux-dits et sa poésie

Contribution de François BUSSER

Une commune c’est un village, avec ses maisons, ses rues, et c’est un territoire, cultivé ou boisé, qui, en ce qui concerne Banvillars s’étend sur 450 hectares environ.
Depuis la nuit des temps les différents secteurs de ce territoire étaient désignés par des noms, connus de tous, qui permettaient de s’y repérer aisément. Toute personne qui habite Banvillars depuis quelques temps connaît forcément certaines dénominations dans le finage de la commune :
« La Goulotte », la source nichée au creux du bois,
« Sur le Vray », le plateau solitaire presque cerné par les bois,
« Les Esserts », la colline escarpée nous séparant de la vallée de la Savoureuse et dont la route pentue nécessitait autrefois de « doubler » l’attelage des chevaux pour la franchir.
Ces dénominations étaient très nombreuses dans notre commune, mais on peut en perdre le souvenir, même si on en utilise encore quotidiennement certaines.

En effet le rermembrement des propriétés a entraîné la simplification administrative des appellations cadastrales. Ainsi les documents écrits ne suffisent pas : il faut faire appel à sa mémoire quand on essaie d’établir une liste de ces lieux-dits. De plus, leur transmission ayant été orale, l’orthographe en est incertaine.

Malgré tout voici un petit panorama, forcément incomplet, de différents endroits de notre terroir.
Un certain nombre ne posent aucune difficulté de sens :
« Au pré de l’épine » « au pré du pont » , « à la racine », « au marais » , « sous le nord » , « sur le coteau », « entre les rangs » , « au pré la rose », « le coteau Jacquot », « la combe Jean-Martin », « les grands champs »., « le patrimoine » « les champs de la croix », les « champs des portes » « le grand bois » « le beau bois ».
« Sur le Ballon » indique une colline arrondie, « les vals en prés » désigne bien sûr une dépression herbeuse.
« La vigne » est un coteau, maintenant boisé, tourné idéalement au sud-est ,qui atteste de la présence d’un vignoble autrefois à Banvillars. On note aussi « sur la vigne » et « sous la vigne »
D’autres dérivent du patois , mais restent assez transparents :
« les combottes » (diminutif en patois = les petites combes)
« chu lai vie de piere » sur le chemin de pierre
« lai vie de Dorans » le chemin de Dorans
« lai vie de Montbiai » le chemin de Montbéliard
« les esserts » (= endroits défrichés ) et le diminutif « les essaurots » (prononcé aussi « échavrots »)
« le fahy » ( le hêtre) « è tchénaie » ( à la chênaie) , « le bie » (le ruisseau) et « sur le bie » , « lai coinnaie » (le recoin ), « le pâquis » (le pâturage), « le tchâ foué » (le four à chaux.),  « les londges rayes » se traduit : les longues raies.

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